Décidé sous l’impulsion du président Macron, le projet de loi sur l’euthanasie a été débattu une première fois à l’Assemblée nationale du 27 mai au 9 juin 2024 (interrompu par la dissolution du 9 juin), puis repris du 12 au 27 mai 2025 avec adoption, avant un examen au Sénat à partir du 20 janvier 2026 et un retour devant les députés, mobilisant à plusieurs reprises le Parlement en moins de deux ans, alors même que les sondages montrent depuis plusieurs années un effritement des soutien de l’opinion publique française sur cette question.
par Antoine CLAMAGIRAND, Délégué régional Reconquête, candidat investi aux élections législatives de 2027 à Vannes.
Cette 3ème lecture à l’Assemblée Nationale sera visiblement et malheureusement adoptée, puis le Sénat rejettera probablement le texte qui reviendra à l’assemblée Nationale en pleine saisons estivale, le 15 juillet 2026 pour être a priori voté définitivement. Discrètement pendant l’été…
Au Sénat, les débats ont fait apparaître de fortes réserves, allant parfois jusqu’à une opposition de principe à la légalisation de l’euthanasie. Les sénateurs ont ainsi privilégié le renforcement des soins palliatifs, tout en exprimant des inquiétudes éthiques face aux risques de dérive. Dans ce contexte, le sénat a profondément remanié le texte issu de l’Assemblée nationale, en supprimant ou en restreignant plusieurs dispositions, et en encadrant beaucoup plus strictement les conditions d’accès.
C’est dans ce contexte qu’Emmanuel Macron est intervenu devant la Grande Loge de France en 2025. Le président a reconnu le rôle des francs-maçons en faveur de la légalisation de l’euthanasie, les décrivant comme “aux avant-postes” d’un combat qu’il juge structurant pour l’époque. Dans cette perspective, l’euthanasie est présentée par ses promoteurs comme l’aboutissement d’une logique de maîtrise humaine sur la vie et la mort, une “dernière liberté” faisant écho à celle de l’avortement. Le chef de l’État a ainsi exprimé son approbation face à cette vision d’un individu pleinement autonome, “acteur de sa vie, de la naissance à la mort”. « Que les francs-maçons portent cette ambition de faire de l’homme la mesure du monde, le libre acteur de sa vie, de la naissance à la mort, qui peut s’en étonner ? Pour ma part, je m’en félicite » avant d’évoquer la laïcité, à l’approche du 120e anniversaire de la loi de 1905 « la France laïque est la fille naturelle de la République » dans une formule macroniste inversée à celle selon laquelle « la France est la fille aînée de l’Église »…
J’aurais voté contre ce texte à chaque fois qu’il a été présenté, la priorité absolue selon moi devant être donnée au développement des soins palliatifs, afin d’accompagner les personnes souffrantes avec la plus grande dignité de soins possibles jusqu’à la fin de leur vie. L’euthanasie infligeant (selon la revue scientifique The Lancet), une douleur pouvant aller jusqu’à l’œdème pulmonaire, comme le rappelait la généticienne Alexandra Henrion-Caude.
Je note que le discret premier ministre Lecornu serait parait-il contre ce texte, mais comme d’habitude depuis sa nomination (sept 2025), ce monsieur ne cesse de négocier avec ses adversaires pour exister quoi qu’il en coûte, et avec lui-même contre son propre avis pour continuer d’exister sans oser s’opposer au président bien entendu. C’est ça un homme d’état ? Pour moi ne pas assumer ses propres convictions pour un plat de lentilles est honteux et déshonorant ! Un comportement méprisable. Et une excommunication ?
Sur le fond, le projet de faire de l’homme la mesure du monde est une prétention à laquelle je suis radicalement opposé et qui heurte ma spiritualité chrétienne, laquelle place Dieu – notre créateur – au-dessus de tout. Au-delà de mes convictions, comment accepter l’idée que dans cette loi on se passe de l’avis du médecin alors que de nombreux professionnels de santé ont alerté sur les risques de dérive, et qu’avant d’instaurer un droit à donner la mort, la France doit d’abord garantir un accès effectif aux soins palliatifs. Aujourd’hui, près d’un patient sur deux qui en aurait besoin en est encore privé. Notre priorité doit être d’accompagner, de soulager et de protéger les plus vulnérables.
Au moment ou j’écris cet article, le vote vient d’avoir lieu à l’Assemblée Nationale : Chacun va pouvoir demander l’euthanasie et en deux jours le poison sera administré avec la bénédiction de 295 députés. La démocratie a perdu son âme et sa dignité. Avec les 295 députés ayant voté pour l’euthanasie (tout le bloc de la macronie, dont le centre HORIZONS d’Édouard Philippe et du MODEM de Bayrou compris), c’est un renversement civilisationnel sans précédent.
Une personne atteinte d’altération du discernement pourra demander l’euthanasie tout comme, un déficient mental, un bipolaire, un majeur sous tutelle, sans qu’un juge vérifie l’absence de pression, d’abus de faiblesse des plus fragiles ou des plus pauvres. C’est lamentable !
Bien sur l’euthanasie coûte moins cher que les soins palliatifs, et puis y’a match de la coupe du monde ce soir France/Suède… autrement plus important ! La vie continue…


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